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Bibliothèque 19
Editions critiques de textes du XIXe

Première partie

Chapitre 5

Édition Borel (collection « Nymphée »), 1899

Nicolas, qui était un homme patient, heurta pendant une bonne heure à la porte du pont avant que ceux du château de Gardefort se décidassent à ouvrir. Enfin, au jour, les deux gentilshommes purent entrer.

Édition Borel (collection « Nymphée »), 1899

Ce n’étaient pas les nouvelles de guerre qui inquiétaient le vieux baron, mais bien l’histoire de sa fille. C’est de cela qu’il parla tout de suite. Un pareil scandale était fait pour déshonorer une maison ! Qu’allait dire Mme Renée de Ferrare1 ? Et, sans faire grande attention à M. de Morguen, de Gardefort arpentait la salle basse en secouant le grand Nicolas qu’il tenait serré par un bras.

  • 1  Renée de Ferrare, duchesse de Chartres et de (...)

— Quelle incartade, mon brave ami ! Voilà une fille perdue, et je ne sais qui me tient de la faire à tout jamais murer dans sa chambre ! Comment trouver maintenant un galant homme qui consente... ?

Ici Nicolas voulut parler, mais le père, furieux, criait plus haut que lui :  

— Elle est déshonorée, vous dis-je ! Mon nom sera la fable du pays !

— Mais, en somme, put enfin interrompre Nicolas, je ne vois pas le mal qu’a fait cette fillette ; il n’y a pas là dedans de quoi fouetter un page !

— Vous en parlez à votre aise, vraiment ! Si vous étiez père de famille...

— Mais vous la marierez quand vous voudrez, votre fille !

— Jamais, vous dis-je, un homme d’honneur du parti ne voudra, j’en fais la gageure, épouser une fille qui...

— Je la tiens, monsieur, votre gageure ! intervint de Morguen. Je ne suis point de la Religion, il est vrai, mais je ne demande qu’à être instruit dans la parole de la nouvelle Église. Et je ferai, si bon vous semble, mes premières armes comme huguenot avec vous, sous les enseignes de M. l’Amiral. J’ai l’honneur donc de vous demander la main de Mlle Madeleine.

Le baron Hugues resta bouche bée. Sa colère tomba du coup. Mais, sans lâcher le bras de Nicolas, il demeura un moment à regarder ses pointes2.

  • 2  Pour chaussures à pointes.

« Ah çà ! se disait-il, est-ce que tout le pays se donne maintenant rendez-vous chez moi pour vouloir épouser ma fille ? Et ceux-là viendraient-ils aussi pour se moquer de moi ? »

Nicolas, rompant le silence, donna enfin utilement de sa personne :  

— Un service que je vous demande, baron. Ne refusez pas cette grâce à mon ami le meilleur et qui aime tant votre fille. Vous savez, dans le temps... vous m’avez dit que si je désirais jamais quelque chose de vous...

— Comment, mon pauvre Nicolas ! s’écria le bonhomme touché. Certes, je n’ai rien à vous refuser. Mais enfin ! On ne prend pas ainsi les gens au saut du lit !

Nicolas lui expliqua que l’occasion avait tout fait. Cela prouvait simplement qu’il y avait encore des gens d’honneur désireux de s’allier avec la maison de Gardefort.

— Par ma foi, mes pauvres enfants, je crois que nous sommes tous devenus fous depuis quelques jours ! déclara enfin Gardefort. Quant à vous, baron de Morguen, je ne vous connais pas d’hier, et le parti fait aujourd’hui, en vous, une trop belle acquisition pour que je vous repousse. Je vais vous présenter à mon pasteur, qui me dira ce qu’il en pense, après quoi vous verrez ma fille. Et ce sera tout à l’heure, car vous dînez ici, n’est-ce pas ?... Pour toi, Nicolas, ne me quitte pas, nous allons voir ce que nous avons ici d’armes, car il va falloir partir bientôt pour la guerre.

Et, s’adressant à de Morguen :  

— Avez-vous idée, monsieur, de ce que vous pouvez faire pour le parti ?

— Je puis équiper une dizaine d’hommes pour en faire des arquebusiers à cheval, ou contribuer par une somme d’argent. J’ai, en ce moment, quatre milliers d’écus3 dans mon coffre, et, s’il fallait, je pourrais en demander d’autres à mon notaire.

  • 3  Monnaie d’or, de valeur variable. Les écus (...)

Le baron Hugues se sentit plein d’estime pour cet homme qui avait du bien et y paraissait si peu attaché, car il avait de la considération pour les hommes riches et, quoique avare, ne détestait pas la générosité chez autrui. Cet amoureux, détaché comme il le voyait, lui plaisait fort ; il ferait un gendre accommodant et à qui il pourrait emprunter de l’argent. Et, tout en s’éloignant, appuyé sur le bras de. Nicolas, il se félicitait de l’heureux choix qu’il venait de faire, et aussi d’en être quitte vis-à-vis de M. de Collangis. Car il avait toujours craint qu’à un moment donné celui-ci ne vînt lui demander une somme.

Le grand Andréas Butschli retrouva de Morguen, qui réfléchissait, seul dans la salle basse, à la facilité extraordinaire des événements. Puis le pasteur Onimus Kalbhaus se joignit à eux, et les deux ministres s’enquirent de l’état de cette âme qu’il s’agissait de sauver. Onimus avait la mine chafouine et sournoise, avec un nez en pied de marmite qui faisait penser à des choses folâtres ; il montrait vis-à-vis d’Andréas une déférence complète et à chacune de ses paroles inclinait sa tête dont les cheveux huileux se balançaient en traçant une marque crasseuse sur son col blanc, en forme de plat à barbe. Ses doigts étaient carrés et ses ongles noirs, ses pieds larges et plats. L’air à la fois obséquieux et autoritaire, il parlait en écoutant passer ses paroles et abondait en élégances de langage.

Les deux hommes noirs se réclamèrent de Calvin et conseillèrent à de Morguen d’abandonner ses fourneaux et ses creusets ; la science de l’alchimie était mauvaise comme menant au doute. Et Onimus cita l’exemple de Servet4, que son esprit tourné vers des chimères scientifiques avait mené aux plus abominables hérésies.

  • 4  Michel Servet (Miguel Serveto y Reves), (...)

De Morguen approuva silencieusement, car il s’était ordonné de tout entendre pour obtenir Madeleine.

Onimus donnait cependant au néophyte quelques aperçus sur la liberté religieuse et l’esprit d’examen. Il n’est point donné à tous de le posséder, mais tous doivent guerroyer pour le faire prévaloir, sans avoir besoin pour cela d’en connaître la véritable nature. Les textes sont parfois obscurs, mais l’esprit divin est avec les ministres. Et il conseilla à de Morguen, qui avait adroitement introduit le poinçon de sa dague dans sa botte et se piquait le mollet pour ne pas s’endormir, de lire la Bible et de ne point s’arrêter au sens apparent des mots. D’ailleurs lui, Onimus, serait là pour l’interprétation du verbe.

De Morguen répondit modestement qu’il savait l’hébreu et qu’il trouvait à redire à la traduction de Castellion5. Au reste, il la considérait plutôt comme une œuvre littéraire, mais l’auteur lui demeurait cher pour ses idées de tolérance.

  • 5  Sébastien Châteillon, dit Castellion ( 1515 (...)

Le grand Andréas crut devoir prendre la parole. Il reprochait à Castellion d’avoir discuté l’autorité de Calvin, source de toute lumière. Et, tout en complimentant le catéchumène sur l’étendue de ses connaissances, il lui posa diverses questions. Que pensait-il des Dialogues sacrés 6 ?De Morguen lui répondit avec prudence, puis les deux pasteurs s’excusèrent, on allait dire la prière commune avant le dîner ; M. le baron y assisterait sans doute ? Lui déclara ne pas y vouloir manquer.

  • 6  Les Dialogues sacrés ont été publiés par (...)

Il retrouva le baron et tout son monde, petits et grands, tête nue, assemblés dans une grande salle. Madeleine, en avant, près de la vieille Jacqueline, ne laissait rien voir que les frisons blonds de sa nuque, inclinée devant le pasteur qui nasillait sa prière. Andréas cherchait sans doute le sujet de son sermon dans une bible, car il tenait le volume collé contre son visage et relevait le nez chaque fois qu’il tournait un feuillet. Enfin il commença, parlant de l’histoire d’Esther7, et il regardait fixement de Morguen.

  • 7  Le Livre d’Esther de l’Ancien Testament, (...)

— Ah çà ! se disait celui-ci, est-ce que ce bélître se figure que je suis le roi Assuérus et que je vais délivrer Israël pour remercier un Juif complaisant d’avoir mis sa parente dans mon lit ?

Il cessa d’écouter l’homme de Genève qui s’entortillait dans des métaphores fleuries et promettait des victoires prochaines. Madeleine s’était relevée et se tenait debout; il entrevoyait un coin de profil, un bout d’oreille, une tresse blonde. Son cœur battait doucement, et, à la contempler, il ne sentait plus ni fatigue ni sommeil. Était-il possible qu’elle pût être bientôt sa femme ? Il ne pouvait se croire dans la réalité ; cependant il était bien chez le baron de Gardefort, agréé par lui. Et, à la regarder, il trouvait en soi le courage de subir cent Andréas Butschli, un plus grand nombre encore d’Onimus Kalbhaus, d’assister à mille prêches, de tenir la campagne pendant des mois avec la casaque blanche. Et il ne pensait même plus à appeler le comte François de Bernage, ce rival désormais évincé.

Mais un doute lui vint. Si elle allait le rebuter, lui-même, ne point l’accepter, s’insurger contre la volonté de son père ?

Hélas ! la pauvre ! Il ne connaissait pas sa soumission. Cette jolie fille isolée, timide, était dans son exquise et parfaite candeur, comme une de ces fleurs solitaires qui poussent à l’ombre des grands bois leurs purpurines clochettes, loin des champs dorés par la grande joie du soleil. Elle était faite de douceur, d’amour et de crainte.

Enfermée dans les pratiques étroites d’une religion qui ne parlait point à son cœur, elle avait pris en suspicion, par une naturelle terreur, toutes les manifestations de l’esprit et de la volonté tendant ailleurs qu’au respect d’un Dieu jaloux et qui ne pardonnait aucune défaillance.

Les exagérations continuelles dont abondaient les discours des ministres et qui revenaient sans cesse au cours de ses entretiens avec son père, les lectures constantes de la Bible, tout lui montrait la puissance d’un Dieu implacable, la débilité sans remède de l’homme. Comme le chef de famille tient son autorité de Dieu, elle devait demeurer sans bornes, étant donné la faiblesse de la femme, son infériorité complète vis-à-vis des choses du Ciel.

Et elle acceptait cette vie enserrée dans des devoirs, sans joies, comme une chose nécessaire et qu’elle n’avait point à juger.

Ses affections de famille étaient la seule chose qu’elle crût pouvoir dérober à cette absorbante adoration. Mais, en dehors de son père et de sa marraine, Mme Renée de Ferrare, elle n’aimait personne sur terre. Sa bienveillance naturelle à l’égard de ceux de sa maison se traduisait par une bonne grâce assez froide ; la gaieté, d’ailleurs, lui avait toujours manqué, et ce milieu rigoriste avait étouffé en elle cette fleur de jeunesse qui brille au cœur des plus sages.

Elle n’avait point encore pensé qu’on la pût marier. Cette seule idée d’être soumise à un autre homme que son père la remplissait d’une instinctive terreur ; d’ailleurs, jamais elle n’en avait distingué un seul. Si elle s’était un peu occupée aux bavardages de Jacqueline, qui lui parlait de François, elle n’avait pas senti son cœur battre. Aussi avait-elle subi avec une épouvante étonnée les injustes colères de son père, et le vieillard, tout soupçonneux qu’il fût, dut reconnaître son innocence. Le grand Andréas avait confessé ce cœur limpide, et il avait déclaré au baron de Gardefort que sa fille était plus pure que le lis des champs.

Quand, au dîner, sans aucun avertissement préalable, son père lui annonça qu’il avait fait choix d’un mari pour elle, Madeleine demeura interdite. Et comme il lui présentait M. de Morguen, elle s’inclina rougissante devant celui qui allait être son seigneur et maître, et qui aurait sur elle tous les droits d’un père, avec d’autres encore, sans doute, et dont elle pressentait l’étendue.

Jacques, plus ému qu’elle encore, ne sut absolument rien lui dire. Mais, au cours du repas, il reprit son sang-froid, fut brillant et charma le grand Andréas lui-même. À peine parla-t-on de la prochaine prise d’armes, mais le baron de Gardefort laissa entendre qu’on saurait faire bonne figure, et les yeux d’Onimus Kalbhaus brillaient, allumés par la perspective de déprédations futures. Nicolas, fatigué par sa nuit blanche, s’endormait entre chaque bouchée.

Habilement, de Morguen s’efforçait de se gagner le cœur de Madeleine, en parlant avec une admiration sans limites de Mme Renée de Ferrare. Son esprit égalait ses vertus, et il la comparait à une Tour d’ivoire8. Le baron Hugues lui reprochait son amour excessif pour les belles-lettres, et il dénonça la poésie comme une école de scandale, de relâchement pour les mœurs. Sa fille, heureusement, avait échappé à ce courant d’idées funestes, car il la tenait autant que possible éloignée de la cour de sa marraine, hésitait à l’envoyer chez elle si la guerre reprenait. Andréas Butschli, tout en approuvant ces craintes, les trouva exagérées, et il s’écria que le château de la princesse était une demeure d’élection, belle comme les tentes d’Israël9. D’ailleurs, il n’était pas ennemi de toute culture, approuvait Marot d’avoir tourné de pieux cantiques en beaux vers10. Et comme Madeleine savait jouer du luth, il la pria de chanter. On passa dans le parc.

  • 8  Cantique des Cantiques, ch. VII, v. 4 : (...)
  • 9  Dans la bible, tentes dans lesquelles Moïse (...)
  • 10  Clément Marot a mis en vers français 49 (...)

Édition Borel (collection « Nymphée »), 1899

De Morguen, ravi, demeurait en extase, bercé par la voix fraîche et limpide de la jeune fille. Suspendu à ses lèvres, les yeux perdus dans le ciel, il écoutait ce chant qui se mêlait aux bruissements des arbres, et il aurait voulu que cela durât toujours.

Cependant Nicolas, assoupi sur un banc moussu, se mit à ronfler d’une façon cruelle et interrompit le concert. Le silence le réveilla, et il dénonça sa ferme intention de partir.

En chemin, il déclara à de Morguen que M. de Gardefort était enchanté de lui, mais le bonhomme avait laissé entrevoir son intention de réserver la question de la dot. Et Nicolas l’accusait de vouloir frustrer sa fille de l’argent de la princesse Renée. De Morguen s’en souciait peu, car il aurait donné même tout son bien pour posséder Madeleine.

Cinq jours après, il échangeait avec elle l’anneau des fiançailles. Puis, le soir même, on se dispersa. De Morguen et Nicolas partirent pour la Rochelle avec quelques recrues, afin de rejoindre l’Amiral qui, à la fin d’août, avait traversé le pays avec M. le Prince. M. de Gardefort allait mettre sa fille en sûreté, il ne savait encore chez qui, puis il prendrait la route du Midi, où il était appelé par Crussol d’Assier11 contre Montluc. Le marquis de Vauplassans déclara ne point vouloir prendre parti et se mit à fortifier son château, ayant un domestique assez nombreux pour le défendre. Quant à François, il était mandé à Bourges par ordre du Roy, car il devait aller à la guerre avec une compagnie de chevau-légers12 que lui avait montée sa mère.

  • 11  Jacques II de Crussol (1540-1586), duc (...)
  • 12  Corps de cavalerie légère de la garde du roi.

En haine de la grande noblesse bretonne, dont elle s’était détachée avec horreur quand elle avait vu les Rohan et les Rieux se faire huguenots par esprit d’indépendance, la comtesse voulut faire des levées sur ses terres pour remonter à son fils une compagnie de cent maîtres. Car le Roy, circonvenu par les ennemis de François, ne lui avait pas rendu le commandement de ses hommes d’armes, ce qui fut considéré par tous comme une grande injustice et un abus pire de pouvoir, puisque François avait déjà équipé cette compagnie de ses deniers.

La comtesse eut à lutter contre des mauvaises volontés plus fortes encore; les Rieux et les Rohan, dont les domaines enserraient les siens, l’empêchaient de recruter des hommes et faisaient envahir ses fiefs par leurs paysans armés. Elle appela à son aide M. de Créquy, évêque de Vannes, qui vint au château, de sa personne, avec des soldats, une couleuvrine et un millier de paroissiens portant des bâtons et des fourches. Il n’y eut point bataille, parce que les gens de Rieux, ne se sentant pas en force, lâchèrent pied au premier moment. Mais la comtesse ne leur pardonna point cette insolence, et elle donna l’ordre à ses tenanciers d’assommer tous les huguenots de Guérande et autres lieux qui seraient rencontrés sur ses domaines. N’hésitant pas à engager son bien, elle réunit une grosse somme, plus de cent mille livres, envoya son intendant en Hurepoix, où l’on pouvait trouver facilement à acheter des hommes. Elle les monta sur des chevaux normands, les revêtit de harnois d’Allemagne, les arma de lances dont les bois, coupés dans son parc, furent peints aux couleurs de François, tanné et violet. Il fallut d’autres choses encore, trouver des officiers, un aumônier, un chirurgien-barbier, et lorsque la compagnie rejoignit son capitaine dans le Berry, la dépense se montait à plus de deux cent mille livres, la comtesse avait dû encore grever ses biens.

Mais, à la première montre où le comte François présenta ses chevau-légers, il y parut à son avantage, et le duc de Montpensier, qui traversait le Berry, le félicita sur le beau pied où tout son monde était tenu. Il lui donna cependant l’ordre d’aller tenir garnison à Bourges, place où il y avait peu d’honneur à gagner. François comprit qu’il était toujours en disgrâce, et sa mère, comme pour ajouter à ses ennuis, lui demandait des nouvelles de son mariage, se plaignait que le Roy n’eût pas tenu compte des sacrifices qu’elle s’était imposés ; elle multipliait les neuvaines, exhortait son fils à la piété, et elle lui envoya même une petite châsse pleine de reliques, bonnes contre les blessures par le fer. Heureusement, les communications devinrent plus difficiles, les lettres se firent rares, et François recouvra quelque repos.

Notes

1  Renée de Ferrare, duchesse de Chartres et de Montargis (Blois, 1509 — Montargis, 1575). Fille de Louis XII, roi de France et d’Anne de Bretagne. Protectrice de Calvin et de Clément Marot à Ferrare, elle se déclara protestante lors de son installation à Montargis après la mort de son mari, le duc de Ferrare, et accueillit les réformés, malgré les menaces de son gendre le duc de Guise.

2  Pour chaussures à pointes.

3  Monnaie d’or, de valeur variable. Les écus frappés à l’époque du roman sont dits « écus au soleil ».

4  Michel Servet (Miguel Serveto y Reves), Aragon, 1511 – Genève, 1553. Théologien et médecin espagnol. Il découvrit le principe de l’oxygénation du sang dans les poumons, qu’il assimilait au souffle de Dieu en l’homme et dont il déduisait que Dieu peut s’allier à l’homme. Sa conception de la divinité temporaire de Jésus et sa négation de la Trinité sont l’objet de la querelle épistolaire avec Calvin, qui lui valut d’être brûlé vif pour hérésie.

5  Sébastien Châteillon, dit Castellion ( 1515 – 1563), théologien protestant. Sa Bible latine, parue en 1551, était encore au XIXe siècle une référence dans le monde savant. Il avait vigoureusement combattu le fanatisme, en particulier dans son Traité des hérétiques (paru sous le nom de Martin Bellie en 1554), qui marqua sa rupture définitive avec Calvin. Il y dénonçait le supplice de Servet en écrivant : "Tuer un homme ce n'est pas défendre une doctrine, c'est tuer un homme. Quand les Genevois ont fait périr Servet, ils ne défendaient pas une doctrine, ils tuaient un être humain : on ne prouve pas sa foi en brûlant un homme mais en se faisant brûler pour elle".

6  Les Dialogues sacrés ont été publiés par Castellion en 1543, à l’époque où, ayant rejoint Calvin à Genève, il était le principal du collège. Il y mettait en garde contre l’absolutisme de Calvin, ce qui l’obligea à quitter la ville.

7  Le Livre d’Esther de l’Ancien Testament, raconte comment Esther, nièce de Mardochée, obtint du roi Assuérus le droit de se défendre pour les Juifs du royaume Perse, leur permettant ainsi d’échapper à l’extermination.

8  Cantique des Cantiques, ch. VII, v. 4 : « Votre gorge est comme une tour d’ivoire. »

9  Dans la bible, tentes dans lesquelles Moïse avait placé le tabernacle.

10  Clément Marot a mis en vers français 49 psaumes, destinés à être chantés par les fidèles lors du culte protestant.

11  Jacques II de Crussol (1540-1586), duc d’Uzès, avait d'abord porté le titre de baron d'Acier ou d’Assier. Il dirigea les troupes protestantes pendant les guerres de religion avant de se rallier à la cour. Il fut le deuxième pair de France, en 1578.

12  Corps de cavalerie légère de la garde du roi.

Pour citer ce document

«Chapitre 5», Bibliothèque 19 [En ligne], Le Tournoi de Vauplassans, Première partie, mis à jour le : 16/06/2008, URL : http://bibliotheque19.ens-lyon.fr/index.php?id=65.